Antoine Fonte Me rend fou !
Il y a des jours comme ça où la douceur du temps nous épargne de l’âpreté du quotidien, de la rugosité de nos petits tracas, et on se prend à respirer mieux, à sourire, on se plaît à rêver, à embrasser notre vie et tout va bien… Tout va vraiment bien… et… soudain… Antoine Fonte se met à parler et tout fout le camp. Le rêve n’aura duré qu’un instant. Nous voilà ramenés à la réalité par l’arrogante stupidité d’un homme blessé, piqué, touché dans son amour propre. Mais les ambitions démesurées d’un personnage de si courte envergure sont sans doute ce qui excusera cette posture sans panache. Quand on n’a pas les épaules on se laisse parfois déborder par l’humeur. C’est humain et je le comprends.
Donc je comprends Antoine Fonte, mais il me rend fou ! Alors moi aussi j’ai bien envie de me laisser aller à des humeurs et dire ce que j’ai sur la patate. Oui j’ai bien envie de dire à quel point ces gens me dégoûtent. Ce type ne comprend décidément rien à rien à la culture, en tout cas à la culture populaire. J’ai bien écouté ce que Mr Fonte a dit lors du conseil municipal et je n’en reviens encore pas. Il fustige l’association Nomade in Metz en dénonçant une mauvaise gestion. Mais qui est ce type pour donner des leçons de gestion. Si j’en crois les annonces légales paru dans le républicain lorrain Mr Fonte a bien fait l’objet d’une liquidation judiciaire de sa propre société il n’y a pas si longtemps. Voir le lien http://www.vivametz.net/2009/10/annonce-legale-administrative-et-juridique/
Avant de donner des leçons de gestion il faut apprendre à fermer sa gueule et se rappeler d’où on vient. Mr Fonte dénonce également avec force l’absence de l’association Nomade in Metz lors des difficultés avec les riverains à l’occasion de l’implantation à Magny de l’air d’accueil des gens du voyage en mars 2009. Et ouais « j’te le confirme mon p’tit Antoine », Ils n’étaient pas là les gens de Nomade in Metz, et pour cause car si monsieur l’adjoint à la culture avait potassé ses dossiers il aurait su que l’association a été créé le 29 octobre 2010 soit plus d’un an après ces évènements. Mr Fonte pense, selon ses propres mots, que c’est plus facile de « se dandiner place de la république une bière à la main » que de s’impliquer dans le concret. Mais dites-moi Mr Fonte, est-ce que vous étiez aux côtés de Daniela Ivanova dans les camps Rom pour distribuer à manger ou des couvertures et des vêtements, ou encore contacter les services sociaux pour aider ces familles dans la détresse ? Alors dites-moi qui se dandinait une bière à la main ? Où étiez-vous ? Dans quelle soirée mondaine parliez-vous de culture et d’engagements concrets ?
La culture citoyenne, populaire et l’implication personnelle et bénévole vous connaissez ? Dites-moi franchement, vous connaissez ? Peut-être avez-vous une perception festive de l’activité des acteurs de Nomade in Metz mais c’est bien la preuve de votre manque de connaissance de ce que fait cette association au quotidien. Mais vous, ne vous arrive-t-il pas aussi quelques fois de vous dandiner une bière à la main lors de soirées au festival passage ? Cela remet-il en cause votre implication dans cet évènement ? Je ne le crois pas, et ce jugement pour ma part serait synonyme d’un manque de discernement et peut être même d’une vue étriquée du monde qui m’entoure. Je pense que vous serez d’accords avec cette question de bon sens j’en suis certain.
Vous annoncez enfin la fin du festival Nomade à Metz et son remplacement par un projet sorti de vos cartons. Mais je vous assure que Nomade in Metz n’a pas attendu sur vous pour exister et ne vous attendra pas non plus pour perdurer ici ou ailleurs. Vous pouvez ne plus le subventionner et ainsi décider de vous désolidariser mais vous ne pouvez en aucun cas décider de la mort ou de la vie de celui-ci.
La survie de Nomade in Metz dépend de 20.000 euros. C’est la somme qu’il manque pour équilibrer le budget. C’est une somme importante et les raisons de ce déficit sont assez simples. La région lorraine a versé 10.000 euros de moins que l’année passée sans raison mentionnée. Un sponsor privé s’était engagé à verser 5000 euros et n’a toujours pas versé ce montant à l’association. Les différents manquements de la ville à fournir le matériel promis ont obligé Nomade in Metz à recourir à des fournisseurs payants. La journée du dimanche a été annulée pour cause d’intempéries ce qui a occasionné un manque à gagner conséquent sur les buvettes et stands de grillades et sandwichs. Effectivement il manque 20.000 mais est-ce vraiment dû à une mauvaise gestion ou à un mauvais concours de circonstances. Et qu’en est-il du dépassement de budget de la nuit blanche 2010 s’élevant à 200.000 euros soit 10 fois plus que Nomade in Metz. Aurait-on dû supprimer cette manifestation pour cause de mauvaise gestion ou mauvaise anticipation du budget ? Pas du tout ! La ville a trouvé les 200.000 euros manquants et l’affaire était faite. Lorsque Daniela Ivanova a demandé à Dominique Gros de l’aider à équilibrer le budget du festival il lui a répondu que s’il le faisait il devait augmenter les impôts. Je serais quand même curieux de savoir s’il existe un rapport plus ou moins étroit entre le fait que les impôts aient été augmentés l’année passée et le fait qu’il fallait équilibrer le budget de la nuit blanche 2010…
Vous allez me répondre que « oui mais c’est pas pareil ». Bien sûr que ce n’est pas pareil. Le festival Nomade in Metz n’est pas pareil !!! Bon sang ! Il n’est pas pareil parce qu’il est parti d’une idée toute simple dans la tête de Daniela Ivanova ; lutter contre les discriminations dont sont victimes les gens du voyage, tsiganes, manouches, roms au travers de toutes expressions artistiques. Ce festival est une pure création messine menée à bien par des bénévoles. C’est vrai, on est très loin des concepts parisiens comme la nuit blanche et le centre Pompidou, ou même le festival passage qui ont trop tendances à reléguer la culture au sommet du snobisme bobo. Les centaines de milliers d’euros investis par la municipalité pour financer ce pan de la culture messine montrent bien l’intérêt à promouvoir les idées récupérées. Nomade in Metz n’est pas pareil parce qu’il porte au-delà des frontières de notre ville le nom de celle-ci au travers d’une idée de partage et de culture gratuite, d’une connaissance de l’autre, des autres. Nomade in Metz est la preuve que l’engagement citoyen par le biais de la culture à la portée de chacun est possible parce qu’elle est basée sur l’envie, la détermination, et le besoin de communier avec les différences. Nomade in Metz n’est pas pareil parce qu’il représente l’élan bénévole poussé par une force de coopération de ces acteurs issus du brassage de culture et que ce festival a lieu à Metz, qu’il est né à Metz, qu’il porte le nom de Metz, qu’il rayonne bien au-delà de Metz, et qu’il est désavoué par le maire de Metz et son adjoint à l’inculture. Cet état de fait me désole et me révolte, il met en lumière l’incapacité chronique de ces gens à accepter le fait qu’une idée ne venant pas d’eux puisse être bonne. Il montre à quel point ces gens ne supportent pas la contradiction, combien la politique et le petit pouvoir rend fou.
Mais Antoine Fonte dans cet épisode nous a montré que finalement il n’était pas un surhomme et que bien des faiblesses, tout comme nous autres, pouvaient dévoiler sa nature propre. Son agacement l’a poussé à balayer du revers de la main un festival populaire comme on en voit peu.
Il y a des jours comme ça où l’aigreur des gens me prive de la douce fraîcheur d’une matinée d’hiver, de la tendresse des choses simple, et je me prends à suffoquer, à serrer les poings, je m’éprends de colère, et tous ces gens qui ne comprennent rien, que l’arrogance aveugle, que le mépris rend sourd me rendent, je crois, définitivement fou ! Alors il me reste à lever mon verre à la gloire des gens de bonne volonté, à ceux qui croient en la force des possibles, et en la ferveur collectives des sans attaches, je lève mon verre pour que d’autres fasse de même, pour que dans un élan citoyen et une ivresse populaire sans précédent nous soyons ivres de vie, de cœur et de rires sans frontières !... Antoine Fonte… je vous déteste.
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